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La chapelle Ste Anne

1900-1902

chapelle st anne

Le style néo-gothique

A la fin du 18e siècle, le romantisme, féru d’histoire et grand admirateur du Moyen Age, porte un regard neuf sur le style gothique tant décrié à la Renaissance (15e-16e siècles) et à l’époque classique (17e-18e siècles).

Au départ de l’Angleterre, le mouvement se propage en Europe, soutenu par une abondante littérature et présenté comme porteur de vertus chrétiennes et de valeurs nationalistes.

De plus, en France, les destructions massives dues à la Révolution entraînent une prise de conscience progressive de l’importance du patrimoine médiéval.

On crée alors le musée des Monuments français par Lenoir, puis en 1837 l’Inspection des Monuments Historiques, dirigée par Prosper Mérimée secondé de Viollet-le-Duc. Ce dernier restaure de nombreux monuments médiévaux (cité de Carcassonne,château de Pierrefonds, cathédrale de Paris ou encore Mont-St-Michel) dans un style fantasmé mais scientifique, très documenté : « restaurer, c’est rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé ».

En 1831, Victor Hugo écrit « Notre Dame de Paris ».
De 1820 à 1840 prédomine le gothique romantique, troubadour et fantaisiste. Par la suite, le gothique devient « scientifique », avec des architectes comme Viollet-le-Duc et Lassus.

Ainsi, dans la première moitié du 19e siècle, les monuments gothiques font l’objet d’albums de croquis, d’analyses, de publications, de restaurations. Des sociétés archéologiques se créent autour d’une passion commune pour ces vastes ensembles architecturaux.

Puis au milieu du 19e siècle, conjointement à cette frénésie intellectuelle, apparaissent une théorie et une doctrine architecturales. D’innombrables églises et édifices néo-gothiques voient le jour jusqu’au tournant du 20e siècle.

En parallèle du néo-gothique, les artistes, s’inspirant des autres styles précédents, créent aussi en style néo-romain, néo-roman, néo-classique, néo-byzantin, …

Il faut attendre l’avènement de l’Art Nouveau à la fin du siècle pour voir éclore des œuvres plus originales.

 

La chapelle Sainte Anne est une délicate construction à la belle façade ouvragée et au clocher gr2acile. De style néo-gothique, elle est bâtie à Ker-Anna de 1900 à 1902 à l’initiative du chanoine Gaudin.

L’accès se fait par un escalier monumental, participant à la sacralisation de l’édifice. La façade se trouve au sud. La chapelle se situe à un carrefour : était-elle située de la même façon à sa construction ? Percement de la voie à sa gauche ?

Le volume est simple, de forme rectangulaire : la nef mesure 14m de long sur 7m de large et 7m en haut des murs. Elle se termine par un chevet plat.

Trois fenêtres en arc brisé et à remplage éclairent à l’est comme à l’ouest les côtés de la nef. Les murs présentent un appareillage en moellons de granite irréguliers.

 

La plupart des éléments décoratifs de la chapelle sont de style néogothique :
– La porte 1à double battant est surmontée d’une accolade à fleuron reposant sur des pilastres prolongés par des pinacles fleuris.
– La fenêtre à remplage,

– Les contreforts obliques sont surmontés de pinacles fleuris.
– Un clocher cornouaillais s’élance à l’extrémité du pignon. Il possède une chambre élevée et ajourée, prolongé par une flèche élancée, cantonnée de petits gables et de gargouilles.
– Une petite balustrade horizontale relie les rampants à crosse aux pinacles surmontant les contreforts obliques à larmiers.

Cependant, on remarque des détails qui trahissent la date de construction de l’édifice :
– Sur la façade, les deux fenêtres rectangulaires sont davantage influencées par le style renaissance.
– A côté, les deux fenêtres allongées sous arc plein cintre ne correspondent pas à un style français spécifique.
– Les vitraux historiés sont typiques du 19e siècle.

L’école des religieuses du Saint-Esprit

Les Filles du Saint-Esprit sont une Congrégation religieuse née en 1706.

Elles sont appelées en 1844 par le curé d’Elven afin d’assurer l’éducation chrétienne des filles : elles fondent l’école de Ker-Anna qui jouxte aujourd’hui la chapelle.

Elle devient école primaire mixte en 1968, puis est transformée en collège Sainte-Marie en 1979. Entre-temps, on construit en 1969 le centre d’Enseignement Féminin Rural, qui devra fermer ses portes faute d’élèves.

Le collège Sainte-Marie est toujours en activité.

En haut et au centre :
La porte est encadrée par deux statues de saints reposant sur des consoles. Elles sont inspirées des grands portails sculptés des édifices gothiques.
Celui de gauche est St Joseph, qui tient un lys (pureté) et une hache (charpentier). L’autre, qui porte un agneau, est St Jean-Baptiste. Il a baptisé Jésus sur les bords du Jourdain, après l’avoir désigné comme « l’agneau de Dieu ».
En bas :
Dominant la porte d’entrée de la chapelle, se trouve une statue de Sainte Anne instruisant la Vierge Marie. Elle possède le même socle que les deux autres.

Ces statues en fonte peinte proviennent toutes trois de la fonderie Chapal (inscription sur le socle). Elles ont du être produites en série, peut-être vendues sur catalogues.

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La statuaire religieuse du 19e siècle

Au XIXe siècle, on distingue deux approches différentes :

– Le « sculpteur » taille de la pierre, du bois ou de l’ivoire (matériaux solides) pour créer une forme unique originale,
–  Le « statuaire » qui réalise des modèles en terre (argile), en plâtre ou en cire destinés à être reproduits (technique indirecte de la « taille avec mise aux points ») ou moulés (technique de la « fonte à cire perdue » pour couler le bronze).

Les clochers cornouaillais

Il6s sont caractéristiques de la Bretagne, plus particulièrement de Cornouaille où l’on parle du fameux « esprit de clocher », c’est-à-dire de la rivalité entre villages, incarnée par des clochers toujours plus hauts et pointus que celui du voisin.

Les clochers cornouaillais sont installés dans le prolongement de la façade. Élancés, en granite, ils présentent une chambre des cloches ajourée et de nombreux gables, gargouilles et crochets. Ils passent du carré à leur base au cercle à leur sommet, soit du temporel au spirituel.

 

Intérieur de la chapelle

L’intérieur de la chapelle est simple et lumineux.
Les claveaux des fenêtres alternent pierres blanches et grises dans un jeu décoratif rythmant les murs blancs et mettant en valeur les vitraux. La charpente est en bois apparent à trois pans.

Une stèle de marbre rappelle le rôle joué par le chanoine Gaudin dans l’édification de la chapelle Sainte Anne.

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Le mobilier est simple :
De haut en bas, trois statues 19e siècle :
– une religieuse en bois peint portant un crucifix, des roses et un rosaire (chapelet),
– un frère dominicain en bois peint tenant dans ses bras l’enfant Jésus assis sur les Saintes Écritures, des fleurs de lys (symbole de pureté) et un rosaire,
– Sainte Anne et la Vierge enfant couronnées en terre cuite. La rose et le rosaire sont les symboles de la dévotion à la Vierge Marie.
L’autel du 19e siècle, en bois sombre et marbre rose, est décoré d’une scène évoquant Saint Joseph, mourant, béni par Jésus en présence de la Vierge Marie. La fumée de lampe en arrière fond symbolise l’âme.

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LES VITRAUX

Le vitrail au 19e siècle

S’il existe déjà des vitraux à l’époque romane, c’est au 13e siècle qu’ils prennent un essor prodigieux, avec l’avènement du gothique et l’agrandissement croissant de la taille des verrières.

17Jusqu’au 16e siècle la technique connaît des progrès considérables (introduction du jaune d’argent, de la grisaille, de la sanguine, du camaïeu ou encore de nombreuses couleurs), mais elle sombre ensuite dans l’oubli à cause de l’évolution des goûts.
Si bien qu’au 19e siècle, lors du regain d’intérêt pour le gothique, il faut tout réapprendre.
La création évolue alors entre trois pôles :
– Le vitrail archéologique qui s’appuie sur des modèles médiévaux généralement du 13e siècle,
– Le vitrail-tableau (comme ici),
– Le vitrail géométrique : il est fait à partir de petits morceaux anciens ou créé de toutes pièces.
Les vitraux de la chapelle présentent les personnages dans un cadre typiquement gothique, sorte de dais à accolades, fleurons, clefs pendantes et pierre délicatement ajourée de crochets et trèfles flamboyants.

Cependant, les bâtiments représentés dans les scènes sont de style néo-classique, c’est-à-dire très fortement inspiré de l’antiquité romaine, symbole de la pureté originelle de la chrétienté : arcs en plein cintre, plafonds à caissons, colonnes cannelées, coupole.

 

On retrouve enfin une influence des constructions de châteaux forts, avec la présence de créneaux dans l’annonce de la naissance de Marie.

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Les zouaves pontificaux

L’origine des États pontificaux se fonde sur un document probablement faux appelé « donation de Constantin », du nom de l’empereur romain qui aurait signé l’acte. Il est ensuite promulgué en 754 par Pépin le Bref puis confirmé par son fils Charlemagne en 774. Les possessions s’accroissent au fil des héritages, donations et conquêtes lors des guerres d’Italie des 15e et 16e siècles.

Mais ces biens sont menacés au milieu du 19e siècle : une révolution est en marche, menée par Giuseppe Garibaldi (1807-1882), qui œuvre pour l’unification de l’Italie des Alpes à la Sicile. Le 14 mars 1861 est proclamé le royaume d’Italie.

Face à la menace, le Pape crée le bataillon des zouaves pontificaux, composé de volontaires enrôlés afin d’augmenter les effectifs de l’armée pontificale.

Venus des différents États catholiques (on compte jusqu’à 1800 zouaves, de 25 nationalités différentes), c’est pour eux une sorte de croisade pour défendre la capitale du catholicisme et la liberté du Pape.

Malgré leurs efforts, Rome est conquise le 2 septembre 1870 et rattachée à l’Italie. Ce corps d’armée est dissout le 13 août 1871 à la fin de la guerre.

Les États pontificaux n’existent plus depuis 1870 et sont formellement abolis par les accords de Latran de 1929, qui officialisent la création du Vatican.

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Sur le vitrail, les elvinois portent le costume traditionnel breton. On peut observer deux variantes de la coiffe locale : courte pour les jeunes filles et femmes, plus longue pour la femme âgée placée en haut à droite du vitrail, (voir aussi la carte postale).
Cette femme sur le vitrail est sans doute Perrine Guimarho (1656-1729), considérée comme la sainte d’Elven : très pieuse, elle a vécu une vie de mortification, d’apostolat et de charité. De plus, à l’ouverture de son cercueil plus ce cent ans après sa mort, son corps était intact, préservé par la pierre de tuffeau qui entourait l’église, alimentant ainsi la légende.

Les Frères de l’Instruction chrétienne de Ploërmel, appelés aussi De Lamennais du nom de leur fondateur (1819), ont vocation d’instruire les garçons, dans un objectif de lutte contre la délinquance et de formation des plus démunis. Appelés en 1849, ils dirigent l’école primaire et le collège d’Elven jusqu’en 1978.

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